Pendule à la montgolfière

pendule ancienne

Une pendule a la montgolfière en bronze ciselé,
doré et marbre blanc à indication du quantième,
le cadran et mouvement signé Léchopié à Paris,
les ressorts  signés Bagot mai 1784
d’époque Louis XVI
 

Hauteur : 49,5 cm                                Largeur :  37,4 cm                            Profondeur : 14 cm

Cadran en émail avec les chiffres Romains pour les heures et Arabes pour les minutes, à indication du quantième. (La signature de l’horloger et du quantième en rouge) Aiguilles en laiton découpées, gravées et dorées. (L’aiguille d’heure en forme de fleur de lys n’a pas été coupée, comme si souvent pendant la Révolution) Aiguille en acier bleui pour le quantième. Mouvement rond, échappement à ancre à recul, suspension à fil du balancier, sonnerie au passage des heures et des demies avec roue de compte sur la platine arrière. 

Le ballon est maintenu par deux carquois cannelés en marbre blanc, l’un surmonté d’une torche flammée, l’autre de flèches. A l’amortissement une double couronne de fleurs présente un arc et des flèches. Le ballon cerclé de perles présente le cadran. L’ensemble pose sur une base chantournée en marbre blanc soulignée d’une galerie. Pose sur cinq pieds tournés.

Adam Lechopié : Reçu Maitre le 10 Janvier 1758 (décédé avant 1800)

Le 19 septembre 1783, c’est donc à Versailles devant Louis XVI qu’a lieu la démonstration avec un mouton, un canard et un coq comme passagers. Ils furent enfermés dans un panier rond en osier accroché par une corde au ballon. Une fois lâché, celui-ci monta à une hauteur estimée de 500 mètres. Handicapé par une déchirure causée au départ, le ballon vole huit minutes et parcourt trois kilomètres cinq cents. A l’atterrissage, Jean-François Pilâtre de Rozier est accouru. Les animaux sont vivants et bien portants. Le mouton qui broutait calmement la paille finit ses jours à la ménagerie royale en guise de récompense. Le canard et le coq paraissent n’avoir point souffert mais selon certains témoins, ce dernier a le bec cassé, le mouton s’étant assis dessus lors de l’atterrissage.

Le premier vol libre habité a lieu le 21 novembre 1783 à Paris, Pilâtre de Rozier et le marquis d’Arlandes ayant pris place dans la nacelle. Partis des jardins de La Muette (actuel 16e  arrondissement, à l’ouest de Paris), le vol dura une vingtaine de minutes jusqu’à la Butte-aux-Cailles (actuel 13e arrondissement, au sud-est de la capitale). Soit un vol de 9 kilomètres.

Après des débuts prometteurs, elles sont donc supplantées par les charlières, les ballons à gaz, dont le premier, gonflé à l’hydrogène s’envole le 1er décembre 1783 avec à son bord l’inventeur même du ballon, le physicien Charles et les frères Robert.

La « folie » des ballons au XVIIIe siècle

La mode inspira les marchands merciers. Pour le mobilier des chaises furent crées, l’orfèvrerie des boites, même des robes, l’horlogerie avec montres et pendules etc…

Les ressorts de notre pendule sont signés et datés Bagot mai 1784 elle fut donc réalisée mois d’un an après le premier vol officiel d’une montgolfière du 04 juin 1783.

Bibliographie comparative :

« Encyclopédie de la Pendule Française » par Pierre Kjellberg les Editions de l’Amateur 1997 page 208 A, modèle identique (Cadran anonyme)

« Les bronzes dorés du XVIIIe Siècle » par Pierre Verlet, édition Picard 1987 page 121 N°156, pour un modèle plus simple, signé également Léchopié à Paris, Musée des Arts décoratifs de Budapest.

Le musée de l’Air et de l’Espace du Bourget présente dans deux salles l’histoire des ballons aux XVIIIe et XIXe

Pour des modèles identiques :

Sotheby’s Monaco les 27 et 28 Juin 1998 lot N°307 (Cadran anonyme)

Christie’s Paris le 21 Juin 2006 lot N°324 (Signée Festeau Le Jeune)

Briscardeau Bordeaux le 12 Mai 2012 lot N°129 (Signée Léchopié)