Pendule en ivoire

pendule ancienne

Une pendule en ivoire
découpé, tourné, bronze ciselé et doré
signée Furet à Paris
d’époque Louis XVI – vers 1780

 

Hauteur : 31,5 cm                                Largeur : 18,5 cm                             Profondeur : 10 cm

 

(Le mouvement, la lunette, le cadran et les aiguilles sont d’époque Louis XVI, rapportés postérieurement)

Le bouquet de fleurs s’échappant d’un panier tressé pose sur un support rectangulaire ajouré entouré par une frise en ivoire remplaçant le bronze doré, comme les asperges gravées dans les colonnes ce qui démontre que cette pendule est née à l’origine sans aucun montage de bronze. La porte arrière ouverte, permet de voir le montage d’origine avec des goupilles et des vis en ivoire fixé actuellement par des charnières et équerres en métal rigidifiant les quatre angles intérieurs. Les vases sont maintenus avec des filetages en ivoire, les quatre pieds sont également fixés par des filetages en ivoire sur la base. Le treillage de la face avant et des côtés finement ajourés sont identiques sur les trois pendules.

 

Provenance :

Sotheby’s Paris le 14 avril 2010 lot N°186

 

Le type caractéristique de construction en ivoire est identique sur les trois pendules ce qui prouve une exécution par le même atelier.


-Une autre pendule signée de Lépine est exposée au Château de Versailles.

Elle est décrite et reproduite dans l’ouvrage Versailles deux siècles d’histoire de l’art, études et chroniques de Christian Baulez 2007 page 248 N° 9.

-Une pendule en ivoire et bronze doré, le cadran en émail anonyme, provenant du château de Versailles est exposée au Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg en Russie.

Elle est reproduite et décrite dans le catalogue de l’exposition Marie – Antoinette Galerie nationale du Grand Palais du 15 Mars au 30 Juin 2008 N°74 Page 111

 

Furet, Jean-Baptiste-André (1720 -1807)

Reçu maître le 18 novembre 1746

Horloger ordinaire du Roi pour sa bibliothèque (1758)

Associé avec son père dont il repris le fonds. Vers 1784, il s’associa de fait avec François Antoine Godon, comme l’atteste la signature « Furet & Godon » relevée sur des mouvements datés de 1785, et les factures de fournisseurs établies à leurs noms. Dés le 3e trimestre 1785, il cessait le paiement de ses billets et obtint un arrêt de surséance de poursuites.

Le 4 mars 1786, il déposa le bilan. Son stock était impressionnant, comprenant 98 pendules pour un montant de 63.903 livres, comportant un exemplaire de la fameuse pendule à la Négresse dont le premier, acquis par Marie-Antoinette, fut donné par elle au Dauphin, futur Louis XVII, en 1791. Il indiquait aussi 154 montres et 33 mouvements pour 41.024 livres. Le passif se montait à 340.315 livres. Le déficit atteignait 177.000 livres et comprenait plus de 90 créanciers. Certains d’entre eux portèrent plainte pour faillite frauduleuse entraînant une enquête de Lieutenant Criminel. La pose et la levée des scellés durèrent du 16 mars au 6 octobre 1786 et occupèrent 44 vacations.

La liste des créanciers de Furet indique que celui-ci sous-traitait la quasi-totalité de sa fabrication et importait extensivement de Suisse. Les sommes dûes à des horlogers et courtiers helvètes s’élevaient à plus du tiers du passif.

Il eut notamment pour fournisseurs les fondeurs E.Roy, L.P.Thomire, F.Vion, E.Bazile, L.G. Le Riche, D.Bouché, J.N.Frémont, E. Blavet, A.Lemire, J.L.Baucourt,J.. Zacoon, Piedleu.

Les émailleurs : Coteau et C.F. Loire. Les graveurs : J.F.Cassin et J.B.Hoguet. Le fabricant de ressort : Richard et les frères Broche sculpteurs.

« Les Ouvriers du Temps » par Jean-Dominique Augarde, Editions Antiquorum 1996 page 317 à 318.