Je suis un antiquaire spécialisé depuis 35 ans dans les objets d’art et pendules du XVIIe au début du XIXe siècle. J’ai débuté 13, rue de Beaune à Paris, après une formation initiale d’horloger qui m’a permis de mieux comprendre les aspects techniques des pendules. Les cadrans et mouvements doivent être toujours d’époque et nés avec la caisse de la pendule.

J’ai démonté pendant de nombreuse années toutes mes acquisitions, lavé moi-même tous les bronzes dorés. Cela m’a permis d’apprendre. Avec M. Daniel Cousté, restaurateur et monteur en bronze, je passais très souvent du temps dans son atelier près de la Bastille, pour examiner des objets dont je n’étais pas capable de m’occuper et ses conseils étaient précieux.

Le métier d’antiquaire est passionnant, mais il n’est pas pour autant facile. Comme l’on dit « Un métier de feignant ou l’on se crève à la tâche » il faut toujours avoir disponible une trésorerie adéquate, être patient, capable de ne rien acheter pendant des mois alors que l’on y est toujours tenté, pour pouvoir faire l’effort nécessaire lorsqu’une pièce importante se présente. Les risques financiers s’amenuisent avec les connaissances acquises années après années. Je privilégie l’achat, j’ai toujours du remord pour un objet que je n’ai pas pu acheter, à l’inverse je ne m’attache pas aux objets que je vends. C’est la découverte qui est passionnante. Il faut être sélectif, acheter toujours mieux, maintenir un niveau d’exigence et l’améliorer sans cesse.

Mon activité s’est développée depuis 15 ans vers les objets montés en porcelaine de Chine, Japon et Européenne, ornés de montures en bronze doré du XVIIIe Siècle.

Mon expertise est reconnue pour l’authenticité du bronze doré, des objets montés et des pendules.

Pour le bronze doré il faut avoir le sens de l’objet, années après années vous progresserez, mais si ce n’est pas le cas, les années n’y feront rien. Si vous achetez un objet sale (conservé dans son jus) il faut savoir si sous la crasse du bronze, la dorure au mercure est toujours là ou est usée, ou a totalement disparue. C’est essentiel, la valeur de l’objet ne sera plus du tout la même. Je n’achèterais jamais un objet ou une pendule qui soit redoré.

Le bronze doré est souvent mal compris et parfois sujet à polémique, le plus souvent par manque de connaissance, mais il faut rester modeste. La mode actuelle est à l’analyse des métaux employés dans la composition du bronze. Mais il n’existe pas encore de machines magiques, qui vous donneront précisément la date de création de l’objet à examiner. En fin de compte, les connaissances et l’œil restent aujourd’hui et encore pour longtemps, les seuls maîtres.

Il faut comprendre qu’au XVIIIe siècle on s’éclairait seulement à la bougie il fallait donc que les bronzes dorés soient éclatants, comme les tissus, par exemple. Aujourd’hui avec nos lumières électriques, nous ne sommes plus à même d’apprécier la subtilité entre les mats et les brunis qui donnent cet aspect chatoyant au bronze doré éclairé à la bougie. 

J’ai toujours considéré et je considère encore aujourd’hui que la patine sur un bronze doré n’existe pas. Soit il est recouvert de crasse et il est préférable de le laver (très délicatement avec les produits appropriés pour lui redonner son aspect originel) ou la dorure est usée, ou peu même avoir totalement disparue. (Notamment avec l’utilisation inappropriée du Mirror)

Le temps n’altère pas l’or.

Pascal Izarn

Membre du Syndicat National des Antiquaires.
Membre da la chambre nationale des experts spécialisés.