Une pendule de cartonnier en bronze ciselé et doré, signée Osmond

pendule ancienne

Une pendule de cartonnier en bronze ciselé et doré, signée Osmond,
le cadran et le mouvement signés Ferdinand Berthoud à Paris
de la fin de l’époque Louis XV vers 1760

 Hauteur : 60,5 cm                            Largeur : 30 cm                               Profondeur : 25,5 cm

 

Provenance :

Ancienne collection de Beurdeley Père. Vente Me Paul Chevallier, Paris, hôtel Drouot, salle 1, 23 mai 1887, lot 31.

Vente de la collection de feu M. le comte d’Armaillé; Mes Paul Chevallier & René Appert, Paris, galerie Sedelmeyer, 5 et 6 juin 1890, lot 150.

Au XVIIIe siècle, trois collectionneurs célèbres ont possédés des pendules de ce modèle.

Ange-Laurent de La Live de Jully (1725-1779)  financier, passionné des arts, mentionnée dans sa vente le 5 mars 1770, elle surmontait le cartonnier du célèbre bureau plat par Joseph Baumhauer conservé au musée Condé à Chantilly. Le cadran signée Julien Le Roy.

 Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, (1705-1777) duc de la Vrillère en 1770, ministre de Louis XV, inventaire après-décès en 1777, décrite dans la chambre à coucher de l’hôtel de la rue Saint-Florentin, l’actuel consulat des Etats-Unis.

Nicolas Beaujon, (1718-1786) financier, grand collectionneur, décrite en 1787 dans l’inventaire après décès de l’hôtel d’Evreux acheté en 1773, l’actuel Palais de l’Elysée.


Bibliographie comparative :

Svend Eriksen «  Early Neo-Classicism in France » Londres 1974, page 143 et 344, planche 187, Musée Condé, Chantilly.

Ange-Laurent de La Live de Jully (1725-1779) « Un Grand Amateur à l’Epoque des Lumières » Sous la direction de Marie-Laure de Rochebrune assistée de Vincent Bastien, Lienart éditions 2024 pages 318 à 333

Jean-Dominique Augarde « Les Ouvriers du Temps » Antiquorum 1996 page 254 et 255 N°200 Cleveland Museum of Art, le cadran signée Robin Hgr du Roi.

Hans Ottomeyer et Peter Pröschel « Vergoldete Bronzen » Klinkhardt & Biermann. München 1986 pages 154 et 155, Musée Condé, Chantilly.

Pierre Kjellberg « Encyclopédie de la pendule Française » les éditions de l’amateur 1997, pages 212 et 213 Signée Caquerelle à Paris, ancienne collection Pascal Izarn.

Robert Osmond (1711-1789)

Reçu maitre en 1746

Le bronzier Robert Osmond nait à Canisy, près de Saint-Lô ; il fait son apprentissage dans l’atelier de Louis Regnard, maître fondeur en terre et en sable, devenant maître bronzier à Paris en 1746. On le trouve d’abord rue des Canettes, paroisse St Sulpice, et dès 1761, dans la rue de Mâcon. Robert Osmond devient juré de sa corporation, s’assurant ainsi une certaine protection de ses droits de créateur. En 1753 son neveu quitte la Normandie pour le rejoindre, et en 1761, l’atelier déménage dans la rue de Macon.

Le neveu, Jean-Baptiste Osmond (1742-après 1790) est reçu maître en 1764 ; après cette date, il travaille avec son oncle ; leur collaboration fut si étroite qu’il est difficile de distinguer entre les contributions de l’un et de l’autre. Robert Osmond prend sa retraite vers 1775.

Jean-Baptiste, qui continue de diriger l’atelier après le départ de son oncle, connaît bientôt des difficultés ; il fait faillite en 1784. Son oncle Robert meurt en 1789.

Bronziers et ciseleurs prolifiques, les Osmond pratiquaient les styles Louis XV et néoclassiques avec un égal bonheur. Leurs œuvres, appréciées à leur juste valeur par les connaisseurs de l’époque, furent commercialisées par des horlogers et des marchands-merciers. Bien qu’ils aient produit toutes sortes de bronzes d’ameublement, y compris des chenets, des appliques et des encriers, aujourd’hui ils sont surtout connus pour leurs caisses de pendules, comme par exemple celle qui représente le Rapt d’Europe (Musée Getty, Malibu, CA,) dans le style Louis XV, et deux importantes pendules néoclassiques, dont il existe plusieurs modèles, ainsi qu’un vase à tête de lion (Musée Condé de Chantilly et le Cleveland Museum of Art) et un cartel avec rubans ciselés (exemples dans le Stockholm National museum et le Musée Nissim de Camondo de Paris). Une pendule remarquable, ornée d’un globe, des amours, et d’une plaque en porcelaine de Sèvres (Louvre, Paris) compte également parmi leurs œuvres importantes.

D’abord voués au style rocaille, au début des années 1760 ils ont adopté le nouveau style néoclassique, dont ils devinrent bientôt les maîtres. Ils fournirent des boîtes aux meilleurs horlogers de l’époque, y compris Montjoye, pour lequel ils créèrent des boîtes de pendules de cartonnier et de pendules colonne ; la colonne étant l’un des motifs de prédilection de l’atelier Osmond.

BERTHOUD Ferdinand (18 mars 1727- 20 juin 1807)

Reçu maître le 31décembre 1753

Compagnon puis ouvrier libre à Paris (1745-1753)

Membre de la Royal Society de Londres (1764)

Horloger mécanicien de sa Majesté et de la Marine ayant l’inspection de la construction des Horloges Marines le 24 juillet 1764.

Membre de la commission pour l’établissement d’une Manufacture Royale d’Horlogerie à Paris (1786)

Membre du jury chargé de décider les questions relatives au nouveau système horaire (1793) Membre de l’institut (1795)

Membre du jury des 3e et 4e expositions des Produits de l’Industrie Française.

Chevalier de la Légion d’Honneur (1804)

Ses premiers travaux théoriques, une pendule à équation, furent approuvés par l’Académie des Sciences en 1752. Deux ans plus tard, elle récompensait une nouvelle pendule et une montre à équation. La même année Berthoud déposa ses premières conclusions concernant les horloges marines à l’étude desquelles il devait désormais se consacrer. Sa première horloge marine fut approuvée en 1764. A cette occasion lui fut commandée une pendule pour la salle du Conseil du Roi à Versailles dont Dauthiau fut chargé de l’entretien. A partir de 1766, il conçut toutes les horloges et montres marines utilisées sur les vaisseaux du roi, et à compter de 1770, selon ses termes, abandonna « le travail public » confiant la direction de son atelier à ses neveux Henri, puis Louis qui travaillèrent sous le nom de leur oncle.

Outre le paiement des horloges et des montres, il recevait un traitement annuel de 3.000 livres (1766), porté finalement à 7 .500 livres (1782). Louis XV lui avait accordé 6.000 livres pour l’impression du Traité des Horloges Marines, et Louis XVI lui acheta pour 30.000 livres l’intégralité de ses outils et horloges, tout en lui gardant l’usufruit. Dès 1753, il publiait une « lettre sur l’horlogerie » dans le journal Helvétique, puis ce furent notamment l’Essai sur l’Horlogerie (1763) le Traité des Horloges Marines (1773), De la Mesure du Temps (1787), et l’histoire de la Mesure du Temps par les Horloges (1802). Enfin il donna différents articles pour l’Encyclopédie dont Equation, Horloges, Horlogerie, Horlogers, Pendules et Répétition.

Sous sa direction effective, son atelier produisit un nombre relativement faible de montres oscillant entre 30 et 50 unités par an pour atteindre la centaine sous la direction des ses neveux. Il faut ajouter à celles-ci beaucoup de pendules décoratives et divers régulateurs, le plus souvent à équation.

De très nombreux horlogers travaillèrent pour Berthoud oncle et neveux.

Pour les cadrans : de Gaillard, Thil et Coteau.

Les ressorts des Richard et Monginot.

Les bronziers : P.Caffièri, C. Léveillé, E.Martincourt, N.Bonnet, R et J.B.Osmond, J.J. De Saint-Germain, P.Gouthière, E.Roy, J.B.Zaccon, C.J Tournay.

Les ébénistes : C.Cressent, Joseph, E.Levasseur, N.Petit, F.Duhamel et surtout à B.Lieutaud qui fut le fournisseur privilégié de l’atelier pour les caisses de régulateurs.

La clientèle de l’atelier fut considérable tant en France qu’à l’étranger. L’atelier fut poursuivi par Louis Berthoud, puis par les fils de ce dernier.
« Les Ouvriers du Temps » par Jean-Dominique Augarde, Editions Antiquorum 1996 page 280 à 282.