La pendule pyramide du Bailli de Breteuil

Une pendule pyramide en bronze ciselé et doré, le cadran et le mouvement signés Mangeant à Paris,
les aiguilles en argent serties d’hématites, le cadran en émail, également serti entre chaque heures d’hématites,
de la fin de l’époque Louis XV ou du début de l’époque Louis XVI, vers 1770-1775

                                    Hauteur : 59,5 cm                      Largeur : 27,5 cm                          Profondeur : 16 cm  

 

Cadran en émail portant la signature, avec les chiffres Romains pour les heures et Arabes pour les minutes, aiguilles en argent, découpées, gravées et serties d’hématites. Mouvement rond portant gravé la signature, échappement à ancre à recul, suspension à fil du balancier, sonnerie au passage des heures et des demies avec roue de compte sur la platine arrière.

Cette pendule présente à l’amortissement une sphère armillaire posant par un piédouche sur un ressaut d’acanthe s’ajustant sur un fond amati. Des guirlandes de laurier sont maintenues par des cabochons et rubans noués, en applique. Les profils sont ornés de médaillons de feuillages de laurier noués par des rubans maintenant une vitre laissant visible le mouvement. Elle s’adapte sur une base rectangulaire ornée à toutes faces d’une guirlande de laurier et décor amati. Elle présente aux angles huit rosaces et pose sur quatre pieds tournés.

La lunette avant et arrière s’ouvre de bas en haut, d’une manière inhabituelle spécifique à ce modèle de pendule.

 

Provenance :

Jacques-Laure Le Tonnelier, le bailli de Breteuil (1723-1785)
Sa vente, M. Le Brun, Paris, le 16 janvier 1786, lot No 261 (402 livres à Monsieur Hamon)
Cette pendule est décrite dans l’inventaire après-décès du bailli de Breteuil, rédigé le 31 août 1785 : « Une pendule du nom de Mangeant à Paris a cadran d’email doubles (sic) aiguille et demi-heures de marcassite. »
On la retrouve par la suite dans le catalogue de sa vente en janvier 1786 : « Bronze doré d’or moulu. 261 Une Pendule à sonnerie, par Mangeant à Paris : elle est formée d’obélisque à quatre pans surmonté d’une sphère, posés sur sa base à rosasse & à quatre boules, élevée sur un socle à moulures enrichi d’une peau de lion avec plinthe de marbre blanc soutenue de quatre griffes de lion. Hauteur 28 pouces, largeur 15 pouces. »

 

Bibliographie comparative :

Plusieurs modèles sont répertoriés :
– Au Musée des Arts Décoratifs de Paris, le cadran signé Charles Le Roy à Paris
– Ancienne collection Etienne Lévy, Paris, le cadran signé Lieutaud à Paris
– Ancienne collection Bernard Steinitz, Paris, le cadran signé Castagnet à Paris, reproduite dans Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen Age au      XXe siècle, Paris : Editions de l’Amateur, 1997, pp. 22-23
– Ancienne collection d’André et Lydie Hammel, le cadran signé Nepveu à Paris, reproduite dans le catalogue de la galerie Perrin, Paris, 2004, pp. 119-122

Maurice Quentin de La Tour, Jacques-Laure Le Tonnelier, bailli de Breteuil (1723-1785)
Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer (inv. LT 38)

Cette pendule faisait partie de la célèbre collection de Jacques-Laure Le Tonnelier, le bailli de Breteuil (1723-1785), dont une grande partie avait été assemblée pendant son séjour à Rome où il était ambassadeur de Malte auprès du Saint-Siège de 1757 à 1777. Il rentre ensuite à Paris où il a exercé les fonctions d’ambassadeur de Malte auprès de la cour française jusqu’à sa mort en 1785. Le catalogue de sa vente répertorie un ensemble extraordinaire de peintures italiennes, de marbres précieux, de meubles et d’œuvres d’art.